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 Chapitre 3: L'Age Héroïque - Premier mouvement - 3ème partie

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Olivier
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Olivier

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Chapitre 3: L'Age Héroïque - Premier mouvement - 3ème partie Empty
MessageSujet: Chapitre 3: L'Age Héroïque - Premier mouvement - 3ème partie   Chapitre 3: L'Age Héroïque - Premier mouvement - 3ème partie Icon_minitimeMer 20 Fév - 16:46

Guidé par des flux de Terre de plus en plus puissants et concentrés, Arinor Torn ouvre la marche.
Les souvenirs de la carte de Werel ne lui sont plus d'aucune utilité. Le chemin est ici tout tracé par le grondement sourd et profond qui parcourt la montagne, déférence du peuple élémentaire. L'entrée de la grotte, brute, est précédée d'un vallonnement prononcé prenant naissance dans une forêt dense au sol lourd d'humus. Cet interstice s'achève bien vite sur des falaises abruptes infranchissables. A leur pieds, le trou béant s'ouvre dans les entrailles du massif, descendant en pente raide sur quelques mètres, puis se redressant alors que disparaît le ciel, happé par les ténèbres.
Deux flambeaux apparaissent et illuminent faiblement le boyau, l'un porté par Akkar -un pas derrière Arinor Torn sur son flanc droit- l'autre à l'arrière, aux mains d'un Zéphyr visiblement anxieux. Comme Syl, une oppression étouffante semble écraser ses ailes, comprimer sa cage thoracique. Armes à la main, ils avancent tous les six prudemment.
Rien dans les boyaux granitiques qu'ils empruntent n'est silencieux. La pierre semble murmurer, gronder, bouger en permanence. Et pourtant, tout à la fois, ils ressentent l'implacable immuabilité de la Source. Un grondement plus qu'animal, béance carnassière ancestrale, déchire les ténèbres soudainement. Figés quelques instants, ils resserrent instinctivement leur position, puis avancent plus prudemment encore. Pour Arinor Torn, il est de plus en plus difficile de garder les yeux ouverts. Happé par les flux qui tous se dirigent vers la Source, il ne fait bientôt plus qu'un avec eux.
En débouchant finalement sur une vaste grotte aux piliers bruts massifs, ils aperçoivent la bête qui semble les attendre. Un Ours de Pierre gigantesque, porté par ses quatre pattes arrières, fait trembler la structure même de la montagne en menaçant le groupe. Au fond de sa gorge brûle un éclat de noirceur vibrant. Sa peau, carapace de pierre sculptée, semble constituée des plus précieux minerais bruts; les griffes de ses quatre pattes avant, menaçantes, du métal le plus dense. A quelques pas derrière elle, un bloc massif jaillit du fond de la grotte. Comme l'éclat d'un filon précieux, le sombre matériau rayonne de lueurs anthracites. Sans même le voir, tous ressentent cette veine pour ce qu'elle est. Une Source, confluence des champs élémentaires de Terre; émanation du plan élémentaire de Terre pour les uns, véritable portail d'accès à ce dernier pour les autres.
Arinor Torn s'avance alors, seul, sous la menace du Gardien. En une fraction de seconde, la masse terrible s'abat sur lui. Le choc est brutal, le fait plier sur un genoux et le ramène à la réalité. L'échec ici signifiera la mort. Pendant que le duel s'engage, des esprits élémentaires se rassemblent tout autour de l'arène. Deux pattes avant toujours posées sur les épaules de sa proie, l'Ours de Pierre commence à lui labourer le dos de ses deux autres pattes griffues. A ce contact et alors que son esprit comme ses muscles se bandent pour repousser la douleur, l'esprit enfermé dans la pelisse du Shaman s'éveille à ses côtés. Réussissant à saisir les deux pattes qui l'écrasent, il sent l'élémentaire de Terre encaisser les coups de griffes qui auraient du lui être fatal.
Au regard de ses amis, le manteau et Arinor Torn ne font maintenant plus qu'un, évoquant l'Ours-Garou des légendes. Et pourtant le combat semble encore bien inégal. De longues minutes passent et de ses deux statues qui s'affrontent, seule une semble enclin à la fatigue. Étrange combat ou l'immobile pression sape l'endurance de l'adversaire.
Totalement concentré pour repousser l'étreinte, Arinor Torn perçoit toutefois l'inanité de cette manœuvre. La connexion qu'il ressent entre le Gardien et la Source ne laisse aucune chance au hasard. Il sera broyé lorsque ses forces seront épuisées et la pression exercée sur lui est telle que cela viendra vite. Mais l'intervention de son familier a ouvert la voie. Il sait désormais que son salut viendra de sa capacité à convaincre le public silencieux du duel. La multitude d'esprits élémentaires sera sa force s'il sait la convaincre de le suivre. Percevant son besoin, l'élémentaire de Terre, pousse un rugissement de défi semblant sortir de la gorge même d'Arinor Torn et surgit de ce corps qu'il empruntait. Il surprend le Gardien, se jette à son cou et le repousse de quelques mètres. Profitant de ces quelques instants de répits, le Shaman s'adresse à la multitude dans son langage élémentaire rugueux, craquant et profond. Toute son autorité et sa force transpire dans ce discours, couronnant la résistance glorieuse à la bête !
Mais dans une nouvelle charge brutale, le Gardien écarte l'élémentaire -qui vient fracasser un pilier de pierre- et projette violemment ses quatre pattes avant vers Arinor Torn. Le premier impact le plaque au sol et, bloquant de ses deux bras les attaques suivantes, il ne peut, en une interminable fraction de seconde, que suivre la trajectoire des dernières griffes vers son visage... Stoppées par un bras de pierre surgissant du sol. Et puis de multiples autres accompagnant son redressement sur un genoux d'abord, puis bien droit face à l'Ours de Pierre. Le Gardien est toujours terriblement puissant, mais il sent que désormais, minute après minute, de nouveaux élémentaires se joignent à lui. Saisissant la bête à bras tendu sous la gueule, il la repousse pas à pas vers la Source. Encore et encore; pas après pas.
Et puis, en quelques instants, alors que le Gardien touche le filon, la Source l'engloutit en son sein. Le silence se fait, la montagne se tait. La grotte se vide, Arinor Torn s'effondre, seul. Reprenant son souffle un court instant, allongé sur le dos la tête au plus proche de la Source, il a juste le temps de dire à ses amis de poursuivre leur chemin avant d'être assailli. Des connexions multiples se forment et ses sens se décuplent. Il est la Source, la Montagne, le pilier même de ce lieu.
A son réveil, alors que son ancienne pelisse et nouvelle entité protectrice de ce lieu veille sur lui, il entend les vagissements d'un jeune enfant marqué par la Terre. Aenarim, ancienne Kaïm basaltique du Pendu se révèle au monde entre les pattes d'un Ours de Pierre.


Le volcan nappé de fumerolles se dresse face à eux, pic solitaire posé au centre d'un relief de collines cloisonnées par la chaîne montagneuse. Les traces d'anciennes coulées sont encore visibles, traçant vers la forêt une large route minérale, unique accès au site. La végétation a su profiter de la force vitale de cette saignée pour partir à l'assaut du pic, mais ce jeu constant de flux et reflux semble l'empêcher d'atteindre jamais son but.
Posant le pieds sur les dernier espaces verdoyants des collines, Akkar, Zéphyr, Syl et Aielle menés par Nahar, se dirigent droit vers la Source de Feu.
Le jeune Shaman perçoit les lignes élémentaires qui partout autour se rejoignent, suivant le même chemin qu'eux. La température augmente progressivement au rythme de ces jonctions et avant qu'ils n'atteignent les pieds du volcan, Aielle décide de faire marche arrière et de les attendre dans les collines. Elle sourit face au regard sûr et déterminé de Nahar et dépose sur sa joue un baiser, comme un murmure d'encouragement glissé à l'oreille.
Et commence l'escalade. Malgré la découverte d'un sentier serpentant autour du pic, les conditions sont de plus en plus difficiles, tandis que la température continue de monter inexorablement. L'air est de plus en plus saturé de fumées blanches suffocantes issues des multiples fractures sillonnant le volcan. Des poudres jaunes et blanches, tapissent toutes les pierres, les rongeant et dévoilant leur cœur basaltique. Alors qu'il devient difficile de percevoir encore le chemin au milieu des fumées, ils aperçoivent enfin plusieurs tunnels de lave vers lesquels se précipitent toutes les lignes de force. Mais il leur faut encore de longues minutes avant de trouver le chemin qui s'enfonce vers le cœur du volcan. La chaleur est telle, les gaz si toxiques que Syl s'écroule finalement dans les bras de Zéphyr qui doit faire demi tour pour l'amener respirer plus bas. Il prévient Akkar qu'ils continueront ensuite directement leur chemin vers la Source d'Air, avant que ce dernier ne s'empresse de rejoindre Nahar, transcendé par le souffle igné. Akkar impressionne d'ailleurs par sa résistance à cet élément qui n'est pas le sien! Il sent toutefois de violentes modifications dans son organismes qu'il ne sait expliquer. Comme si les conditions extrêmes qu'il traverse ici le marquaient de leur empreinte.
Débouchant sur une grotte illuminée par le vaste lac de lave qui s'étend en contrebas, il s'avance sur l'unique promontoire rocheux surplombant la scène. Au bout, Nahar semble observer et attendre, les veines parcourues d'un feu plus intense que jamais. Et puis, comme happé par un courant perçu par lui seul, il se jette dans la lave. Un grondement sourd se fait entendre, le lac commence à frémir puis bouillonner et Akkar comprend qu'il lui faut vite quitter l'endroit.
"Que crois-tu pouvoir faire ici jeune Mortel?" résonne une voix dans la tête de Nahar. Face à lui, au milieu d'une mer de Feu se dresse le puissant élémentaire protégeant la Source qu'il a perçu plus tôt. Leur aura à tout deux est telle qu'il est difficile de distinguer l'un de l'autre. Leur Feu intense met le corps de Nahar à l'agonie. Il se revoit lutter une vie durant lors de sa récente initiation et revit les affres de la fusion. Puisant dans son immense volonté des ressources compensant les faiblesses de son corps mortel, il continue d'avancer vers son objectif. Des rires semblent maintenant se projeter partout dans le lac. Assaillit de toute part par leur bouillante symphonie, il voit dresser face à lui un vaste trident de flammes que le Gardien pointe dans sa direction. Et immédiatement ses assauts sont terribles.
A chacune des passes qui se succèdent, Nahar voit sa propre mort qui se dessine. L'attaque plus psychique que physique, cherche à saper sa volonté, à le confronter à l'ultime déshonneur de l'échec et à l'éternelle agonie qui l'attend. Mais porté par sa vision d'un Destin plus grand encore, il tient tête au Gardien qui le harcèle. Le temps passe, les perturbations extérieures n'ont plus de prises sur lui, mais cantonné à des actions purement défensives, il ne sait comment percer la puissante cuirasse de son adversaire.
Comme une révélation, il fait alors appel à l'Esprit qui sommeil sur lui. Du Rubis des Sables qui se brise dans un coup de tonnerre, surgit l’Élémentaire de Feu. Nahar n'a besoin que de quelques secondes, il veut juste toucher la Source qu'il ressent si proche. Car dans ce combat que le temps lui ferait perdre, il a su lire ce que le Gardien lui interdisait. Il est persuadé que lui ne pouvant le terrasser, personne ne le pourrait et que le but n'est donc pas là. N'est donc pas de combattre, mais de ne faire qu'un avec la Source !
Venant s'empaler sur le trident et bloquer le bras du Gardien, l'Esprit vient se sacrifier pour son maître. En une fraction de seconde, toute la volonté de Nahar s'est détachée du combat et n'est plus orientée que vers un seul but. Rien d'autre n'existe que la Source. Que ce noyau intense de lumière blanche. Que ce portail vers le plan élémentaire du Feu.
Autour de lui s'étend à l'infini une vaste plaine de basalte parcourue de rivières de laves. S'avançant vers la plus proche qui coule à quelques kilomètres, Nahar doit lutter contre une puissance terrible qui le retient. Comme une corde attachée à son dos qu'on tirerait de plus en plus fort, pas après pas. Tournant la tête vers ce qui le bride, il voit derrière lui le cœur de feu, la Source de lumière blanche qui l'a mené ici. Une ligne élémentaire en part, jusqu'à lui, s'amenuisant plus il avance, le retenant dans une sphère autour du portail. Alors qu'il cherche à se libérer de cette entrave, d'immenses vagues de chaleur surgissent des sept points cardinaux. En quelques secondes, il se retrouve entouré par sept puissants esprits élémentaires le menaçant de leur glaive de Feu. Pendant de longues secondes il se sent observé, sondé. Et puis les sept repartent d'où ils sont venus, sans avoir prononcé la moindre sentence. Il comprend intimement à cet instant que la Source est sienne.
A son retour, retraversant le portail, le lac s'est apaisé. Un nouveau Gardien veille sur la Source et reconnait son maître qui revient. Sur une petite île de basalte un jeune enfant dort au rythme du lac. Ses cheveux de flammes tressées crépitent en silence. A son réveil, il tourne deux yeux blancs vers Nahar. Deux yeux de la matière même de la Source. Sol, ancien Kaïm basaltique du Pendu, s'éveille.
Au dehors, tous ont vu au loin la brusque coulée de lave qui a marqué la fin d'après midi. Recouvrant les anciennes traces d'éruption, elle repousse à nouveau la végétation jusqu'à la forêt, laissant pour l'heure une zone fumante et rougeoyante.
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